一封信
自高雄一别,竞已二十多天, 迟迟没能静心给你回信,还请原谅。
离开高雄后,我直接北上到了花莲太鲁阁,两天后返回台北,
虽然走了这么多地方,想想最是难忘的还是在高雄和你共渡的一日,
看新闻,这些天,台湾受莫拉克台风的影响很大,
这信写好多日,不知何故却迟迟没有寄出,
祝 安好
catégorie 梦忆梦呓
在听
catégorie 声色世界
1) Les escarpins “rose” de Maï Lamore, avec talon et abeille en or ( très beau, et très inaccessible aussi )
The Maï Lamore “rose” stilettos, with gold heel and bee (very beautiful, and very unaffordable too).
-
2) Des vêtements en fleurs ( oui, oui, des culottes aussi ! )
Louis Park, Maison Martin Margiela
-
3) Prendre un bain … avec des fleurs.
Lenaah, skye parrott, Sofia Sanchez
-
4) Des lit curieux dans des endroit curieux.
Tim Walker, Justin Cooper
-
5) Des oreilles de lapin.
Bunny ears.
Nylon ( New york city girl ), Tim Walker
-
6) Des lunettes en forme d’étoiles.
-
7) Les nuit d’hivers à la campagne. Un tapis de neige sur le sol, des étoiles et une lune brillante dans le ciel.
Winter nights in the country, a blanket of snow on the ground, a shining moon, and a sky full of stars
-
8) Des nuages en coton flottant au plafond de sa chambre.
-
9) Des photos inquiétantes en noir & blanc.
-
10) Faire de la balançoire !
James Macari
-
11) Les ballons
Lolita, jengotch, miss Dior chérie
Finally, the Miss Dior Chérie campaign produced by Sofia Coppola. If I didn’t already live in Paris, it would be my ultimate dream!
catégorie 声色世界
今天早起,煮咖啡的时候,看到草草长出了新的叶子,给它浇水,看新叶慢慢攀升的姿态,亦有淡淡喜悦。心想听一首温柔的歌,顺手打开,竟是这首:
秋天该很好你若尚在场
秋风即使带凉亦漂亮
深秋中的你填密我梦想
就像落叶飞轻敲我窗
冬天该很好你若尚在场
冬天多灰我们亦放亮
一起坐坐谈谈来日动向
漠视外间低温这样唱
能同途偶遇在这星球上
燃亮飘渺人生
我多么够运
无人如你逗留我思潮上
从没再疑问
这个世界好得很
暑天该很好你若尚在场
火一般的太阳在脸上
烧得剪如情痕极又痒
滴着汗的一双笑着唱
能同途偶遇在这星球上
是某种缘份
我多么庆幸
如离别你亦长处心灵上
宁愿有遗憾
亦愿和你远亦近
(独自重温当天吻)
春天该很好你若尚在场
春风仿佛爱情
在蕴酝
初春中的你撩动我幻想
就像嫩绿草使
春雨香
(张国荣:春夏秋冬 版本:粤语------专辑:陪你倒数 歌词: 曲:叶良俊 词:林夕 编: adrian chan)
这样始于秋,止于春的排序,想来也有一种特别的温暖……
《夜照亮了夜》
演唱:萬芳 曲:伍佰 詞:王中言
夜是那麼黑 看不見悲喜界限
任誰都好累 青春只剩一滴眼淚
我變成了誰 不自由為愛放逐靈魂
心死就不傷悲 明知愛很珍貴
夜照亮了夜 痛戰勝了痛
然而春去春回 長大成人滋味
最黑的黑是背叛 最痛的痛是原諒
霧是那麼的輕 可以覆蓋一切
放過手的不是昨天明天你我
風吹過了雪 愛的記憶都融解
這一刻心為蝶 掙脫輪迴
我願擁抱你 你不能承受的虛偽 我來體會
我願擁抱你 你給不起的未來 我來告別
-收錄於專輯《ONE芳》
--
「夜照亮了夜」
夜。任何一種狀態,只要它在戀人身上引發(諸如情感的漲會的以及存在的等等)有關黑暗的隱喻,那就是我們在這裡所說的夜;戀人正是在這樣的黑暗中掙扎或是平靜下來。
1.兩種夜
我反覆感受到兩種夜:一好一壞。為了說明這一點,我求助於一種神秘的區分:estar a oscras(在漆黑中)會自行發生,無緣無故,因為我被剝奪了藉以照亮原因和結果的光線;而estar en tinieblas(在昏暗中)則會在這樣的時刻落到我頭上;我對事物的過分迷戀以及由此造成的混亂使我變得盲目。
我經常陷入自身慾望的黑暗之中;我不知道它(我的慾望)到底要什麼,善本身對我來說也成了惡,一切都在鳴響迴蕩,我生活在紛亂吵雜之中:estoy en tineblas(在昏暗中)。但有時候,又會出現另一種夜:我獨自一人,做沈思狀(也許這是我給自己安排的一個角色?),平心靜氣地望著對方,實實在在 地,不加虛幻的色彩;我收起一切闡發;我進入了無為之夜;慾望繼續顫動(黑暗是半透光的),但我不想捕捉任何東西;這種夜是非贏利的,是難以覺察的、極微 妙的消費之夜:estoy a oscuras(在黑暗中),我待在那兒,單純而又安詳地坐在愛情的黑色內府之中。
2.一種夜收容另一種夜
第二種夜包住了第一種夜,黑暗照亮了昏暗:「夜是黑暗的,但它照亮了夜。」我並不想用決心、支配、分手、奉獻等--簡言之,用動作—來擺脫戀愛的絕境。我只不過用一種夜晚去替代另一種夜晚。「讓這黑暗更黑,那就是通向一切神奇境界的大門。」
-出自《戀人絮語-一本結構主義的文本》章節。作者:羅蘭‧巴特。

最近在读这本书……
Marc JIMENEZ, Qu'est-ce que l'esthétique?
1997
Gallimard/Folio essais
Bibliographie sélective, index des noms propres et des notions, écoles et mouvements esthétiques, philosophiques, artistiques.
Notes :
[Il y a seulement une vingtaine d'années, le mot "esthétique", employé pour désigner la réflexion philosophique sur l'art, apparaissait prématurément vieilli. Bien que son sens moderne ne date que du XVIIIe siècle, il semblait désuet et prêt à disparaître. Certains philosophes allaient jusqu'a déclarer, de façon humoristique, que "dans son histoire bicentenaire depuis le milieu du XVIIIe siècle jusqu'au milieu du XXe siècle, l'esthétique s'est révélée comme un insuccès brillant et plein de résultats. A quoi tient ce paradoxe? Certainement aux diverses significations du mot esthétique; nous traiterons de cette question plus loin. Mais il tient aussi à l'objet même de l'esthétique, a savoir l'art. Et les contradictions que soulève celui-ci sont nombreuses. Nous les vivons au quotidien. Comment comprendre, par exemple, que la société moderne placée sous le signe de la civilisation de l'image accorde si peu de place a l'enseignement des arts plastiques? (...) L'art est un domaine à part et, de surcroît, ambigu. Lié a une pratique, il engendre des objets palpables ou donne lieu à des manifestations concrètes qui prennent place dans la réalité: il se prête à des expositions dans tous les sens du terme. Pour reprendre une formule du grand historien et sociologue de l'art Pierre Francastel, "l'art n'est pas velléité mais réalisation". Cependant, l'art ne se contente pas d'être là, car il signifie ausssi une manière de représenter le monde, de figurer un univers symbolique lié à notre sensibilité, à notre intuition, à notre imaginaire, à nos fantasmes. C'est son côté abstrait. En somme, l'art s'ancre dans la réalite sans être pleinement réel en déployant un monde illusoire dans lequel, souvent -mais pas toujours- nous croyons qu'il ferait mieux vivre que dans la vie quotidienne. Comprendre et expliquer cette ambiguïté de l'art constituent pour ainsi dire un défi que l'esthéticien s'acharne à relever, quels que soient les risques d'insuccès. (...) bien que la réflexion sur l'art soit, par définition, postérieure aux oeuvres, les esthéticiens ont parfois tenté d'imposer des règles aux artistes, soit en fixant des normes permettant de juger du beau ou du laid, de l'harmonieux ou du discracieux, et même du convenable ou de l'inconvenant, soit en établissant des critères conformes aux canons édictés par avance. Telle est la tentation de tout académisme, voire de l'esthétisme, qui ne sont pas propres au XVIIIe ou au XIXe siècle, mais réapparaissent de temps en temps, notamment lorsque les courants ou les grandes tendances artistiques ne sont plus nettement repérables, comme c'est le cas en cette fin de XXe siecle. Aujourd'hui, toutefois, ce sont là des phénomènes mineurs car les théoriciens de l'art s'abstiennent prudemment de proposer une codification incompatible avec l'esprit de créativité et d'innovation qui caractérise la pratique de l'art. (...) L'époque semble désormais révolue où l'on pouvait déplorer l'hostilité, voire le mépris, à l'égard de l'esthétique. Et l'air du temps, si l'on en juge par le nombre des publications au cours de ces dernières années, témoigne d'un regain d'intérêt pour la réflexion théorique sur l'art. (...) L'art contemporain traverse une crise de légitimation. Chacun peut le constater. les artistes actuels sont accusés de céder au laisser aller, de produre n'importe quoi, de privilégier leur réputation médiatique au détriment de la création. L'art moderne et sa conception chimérique d'un monde rendu meilleur grâce a l'art sont fréquemment tenus pour responsables de cette deliquescence. En rompant avec la tradition et tout classicisme, le modernisme aurait accéléré la disparition des valeurs liées à la beauté, à l'harmonie, à l'équilibre, à l'ordre. Il aurait ainsi légué un lourd héritage aux artistes de notre époque, héritage d'autant plus funeste qu'il conduirait tout droit à la mort de l'art, maintes fois proclamée dans le passé , mais que d'aucuns considèrent sinon comme effective, du moins comme inéluctable. Cette crise de légitimation affecte l'art lui-même dans son essence, et l'impossibilité de dire ce qu'il est, ou ce qu'il n'est pas, ne permet même plus de repondre a cette question pourtant primordiale : quand y a-t-il art ou non art? (...) La disparition des repères traditionnels conduit à la recherche de règles, de conventions, de critères permettant l'exercice du jugement de goût ou bien l'évaluation des oeuvres: faut-il, comme le suggèrent certains, effectuer un retour au passé et restaurer les valeurs anciennes? Ou bien accepter la postmodernité qui prône l'éclectisme des formes, des matériaux et des styles, et proclame la mort des avant-gardes? (...) Certains déplorent aujourd'hui l'absence d'une véritable critique d'art, ou bien son imposibilité, consécutive, précisement, à la disparition de toute norme et de tout critère. Mais que signifie "critiquer" une oeuvre d'art? (...) Le statut social d'un art désormais accessible, en principe, a tous, la démocratisation de la culture, et le soutien financier que l'Etat accorde aux initiatives, aux projets et aux réalisations, notamment dans le domaine de l'art contemporain, modifient en profondeur la manière dont naguère le public percevait l'art. La multiplication des centres culturels, des musées, des expositions, des festivals correspond incontestablement à une volonté politique de la part des dirigeants, mais elle répond aussi a une demande croissante du public. (...) Un phénomène prend chaque jour une importance croissante: l'art, les oeuvres, les artistes, les expositions sont de plus en plus médiatisées. Cela signifie que toujours plus nombreux sont ceux qui connaissent les oeuvres par le texte, écrit ou parlé, ou par l'image, catalogue, télévision ou CD-Rom, et non par une mise en présence directe avec l'oeuvre elle-même. Or, s'il est important de s'informer, ce savoir modifie considérablement l'expérience esthétique traditionnelle. (...) Le discours sur l'art ne peut éluder ces interrogations. Les esthéticiens ont bien compris ces préoccupations du temps présent. (...) mais il en va ainsi de l'ethétique comme de la philosophie ou l'art de poser les problèmes importe souvent plus que la solution. Et l'esthétique contemporaine, quel que soit son souci de répondre aux urgences du temps présent, ne peut que se remémorer en permanence son origine philosophique. (...) L'orsqu'on jette un regard critique sur l'antiquité, sur Platon et Aristote, on voit que l'art, hormis ses interprétations métaphysiques, pose des problèmes identiques: la nouveauté, l'inédit, le hors-normes , la modernité dérangent. La création, en un mot, provoque les mêmes méfiances, les mêmes exclusions . Une incursion dans le passé, dans la Grèce des Ve et IVe siecles avant notre ére, permettra de mieux mesurer la puissance des ruptures survenues à la fin du XIXe siecle. La Renaissance est une rupture avec le Moyen Âge; la modernité est une rupture avec la Rennaissance et avec une tradition millénaire héritée de l'antiquité. Les mouvements d'avant-garde entendent bien quitter l'espace renaissant, un espace visuel et sonore devenu t rop étriqué au regard des bouleversements de l'époque. Toutefois, rompre avec une tradition, c'est un peu comme vouloir se débarrasser d'une habitude: bonne ou mauvaise, celle-ci représente un certain confort. Deux solutions: le compromis ou le coup de force. Avouons-le, les esthéticiens choisissent toujours la première et les artistes la seconde. Au XIXe siècle, malgré les résistances , la nostalgie, les souvenirs, les artistes modernes et avant-gardistes font valoir l'inédit, la nouveauté, le choc des innovations successives . L'âge des ruptures commence, avec pour conséquence le risque d'une rupture entre l'art et le public. Un nouveau défi attend l'esthétique: celui de réconcilier, autant que faire se peut, les provocations des artistes et le goût de leurs contemporains. Ce defi est toujours actuel. Dès lors, le retard de l'esthétique n'est pas un handicap; venir après les oeuvres signifie qu'elle prend le temps de réflechir sur son histoire passée et présente. Au moment ou l'art d'aujourd'hui perd, dit-on, tous ses repères et ses critères, un tel retard devient même un privilège.
(Marc JIMENEZ. Extraits de l'avant-propos de "Qu'est-ce que l'esthétique?")]
[Quelque chose est-il en train de changer dans l'édition française? Rendez-vous compte: vous pouvez désormais vous procurer en édition de poche un ouvrage intitulé "Qu'est-ce que l'esthetique?" Quatre cents pages limpides qui sont une histoire de l'esthéetique mais aussi une discussion menée par l'auteur, Marc Jimenez, des différentes théories. (...) La rectification des interprétations de Hegel est remarquable, de même qu'est pertinente la réserve exprimée à propos de Nelson Goodman et de Arthur Danto, même si l'importance accordée par Danto a l'aspect rhétorique de l'oeuvre d'art est négligée. Là où Jimenez excelle, c'est dans la définition de sa discipline...et de ses ambiguïtés (l'esthétique définit-elle la faculté de juger ou bien une philosophie de l'art? Pourquoi se laisse-t-elle doubler par les théories des artistes eux-mêmes?) La manière dont l'acquisition par l'art de son autonomie a rendu possible l'autonomie du jugement est remarquablement mise en évidence. Et cette autonomie de l'art, avec un grand A, implique une correspondance entre tous les arts qui nous intéressent particulièrement, nous qui sommes confrontés aux questions d'interdisciplinarité, de hors-cadre, d'oeuvre d'art totale.
Catherine MILLET, in Art Press nš221, février 1997]

catégorie 书衣百影