2006-12-28

人生如戏

电话里,姐姐问我这些天过得如何
我说还行吧,挺热闹的
好象电影一样……
姐姐接着说,如果你是看他人如戏,倒还好,
如果你是戏中人,怕并不会是那么开心的
……
毕竟是心连心的姊妹
电话这端的我,耸然一惊,无语
……

BABEL 巴别塔

Réalisateur: Alejandro González Inárritu
亚里桑德罗•冈萨雷斯•伊纳里图
Avec : Gael Garcia Bernal,Cate Blanchett,Brad Pitt,役所广司
Film : Etats-Unis, drame, 2006, Couleur,
Durée : 2h 15min

to my children: the brightest light in the darkness night
给我的孩子,他们是最暗的夜中最亮的光

那时,天下人的口音、言语都是一样。
他们往东边迁移的时候,在示拿地遇见一片平原,就住在那里。
他们彼此商量说:来罢!我们要作砖,把砖烧透了。他们就拿砖当石头,又拿石漆当灰泥。
他们说:来罢!我们要建造一座城和一座塔,塔顶通天,
为要传扬我 们的名,免得我们分散在全地上。
耶和华降临,要看看世人所建造的城和塔。
耶和华说:看哪,他们成为一样的人民,都是一样的言语,
如今既作起这事来,以后他们所要作的事就没有不成就的了。
我们下去,在那里变乱他们的口音,使他们的言语彼此不通。
于是耶和华使他们从那里分散在全地上;他们就停工,不造那城了。
因为耶和华在那里变乱天下人的言语,使众人分散在全地上,
所以那城名叫巴别,【就是变乱的意思】。


En plein désert marocain, des enfants jouent avec un fusil que leur père vient d’acheter. Un coup de feu retentit et blesse une touriste américaine dans un bus qui passait sur la route, en contrebas. Les destins de cette femme (Cate Blanchett) et de son mari (Brad Pitt) dont le couple battait de l’aile, les destins des deux enfants responsables du coup de feu, le destin de la nourrice mexicaine des enfants du couple d’Américains, le destin d’une jeune Japonaise, en l’occurrence la fille de l’homme qui a donné le fusil à un Marocain qui l’a revendu au père des deux enfants : ces destins vont tous avoir une influence les uns sur les autres, des destins socialement et géographiquement si éloignés, mais si proches dans l’isolement et dans la douleur.

Rares sont les films que je retourne voir, mais pour Babel vu au dernier festival de Cannes où il a obtenu le prix de la mise en scène et celui du jury œcuménique, c’était une vraie nécessité parce que Babel c’est plus qu’un film : une expérience. Ce film choral qui clôt le triptyque du cinéaste après Amours chiennes et 21 grammes fait partie de ces films après lesquels toute parole devient inutile et impossible, de ces films qui expriment tant dans un silence, dans un geste, qu’aucune parole ne pourrait mieux les résumer. De ces films qui vous hypnotisent et vous réveillent. De ces films qui vous aveuglent et vous éclairent. Donc le même choc, la même claque, le même bouleversement, quelques mois après, l’effervescence, la déraison et les excès cannois en moins. Malgré cela.

Si la construction n’avait été qu’un vain exercice de style, qu’un prétexte à une démonstration stylistique ostentatoire, l’exercice aurait été alors particulièrement agaçant mais son intérêt provient justement du fait que cette construction ciselée illustre le propos du cinéaste, qu’elle traduit les vies fragmentées, l’incommunicabilité universelle.

Le montage alterné ne cherche pas à surprendre mais à appuyer le propos, à refléter un monde chaotique, brusque et impatient, des vies désorientées, des destins morcelés. En résulte un film riche, puissant où le spectateur est tenu en haleine du début à la fin, retenant son souffle, un souffle coupé par le basculement probable, soudain, du sublime dans la violence. Du sublime d’une danse à la violence d’un coup de feu. Du sublime d’une main sur une autre, de la blancheur d’un visage à la violence d’une balle perdue et d’une blessure rouge sang. Du sublime du silence et du calme à la violence du basculement dans le bruit, dans la fureur, dans la déraison.

Un film qui nous emmène sur trois continents sans jamais que notre attention ne soit relâchée, qui nous confronte à l’égoïsme, à notre égoïsme, qui nous jette notre aveuglement et notre surdité en pleine figure, ces figures et ces visages qu’il scrute et sublime d’ailleurs, qui nous jette notre indolence en pleine figure, aussi. Un instantané troublant et désorientant de notre époque troublée et désorientée. La scène de la discothèque est ainsi une des plus significatives, qui participe de cette expérience. La jeuneJaponaise sourde et muette est aveuglée. Elle noie son désarroi dans ces lumières scintillantes, fascinantes et angoissantes. Des lumières aveuglantes: le paradoxe du monde, encore. Lumières qui nous englobent. Soudain aveuglés et sourds au monde qui nous entoure nous aussi.

Le point de départ du film est donc le retentissement d'un coup de feu au Maroc, coup de feu déclenchant une série d'évènements, qui ont des conséquences désastreuses ou salvatrices, selon les protagonistes impliqués. Peu à peu le puzzle se reconstitue brillamment, certaines vies se reconstruisent, d’autres sont détruites à jamais. Jamais il n’a été aussi matériellement facile de communiquer. Jamais la communication n’a été aussi compliquée, Jamais nous n’avons reçu autant d’informations et avons si mal su les décrypter. Jamais un film ne l’a aussi bien traduit. Chaque minute du film illustre cette incompréhension, parfois par un simple arrière plan, par une simple image qui se glisse dans une autre, par un regard qui répond à un autre, par une danse qui en rappelle une autre, du Japon au Mexique, l’une éloignant et l’autre rapprochant.

Virtuosité des raccords aussi : un silence de la Japonaise muette qui répond à un cri de douleur de l’américaine, un ballon de volley qui rappelle une balle de fusil. Un monde qui se fait écho, qui crie, qui vocifère sa peur et sa violence et sa fébrilité, qui appelle à l’aide et qui ne s’entend pas comme la Japonaise n’entend plus, comme nous n’entendons plus à force que notre écoute soit tellement sollicitée, comme nous ne voyons plus à force que tant d’images nous soit transmises, sur un mode analogue, alors qu’elles sont si différentes. Des douleurs, des sons, des solitudes qui se font écho, d’un continent à l’autre, d’une vie à l’autre. Et les cordes de cette guitare qui résonnent comme un cri de douleur et de solitude.

Véritable film gigogne, Babel nous montre un monde paranoïaque, paradoxalement plus ouvert sur l’extérieur fictivement si accessible et finalement plus égocentrique que jamais, monde paradoxalement mondialisé et individualiste. Le montage traduit magistralement cette angoisse, ces tremblements convulsifs d’un monde qui étouffe et balbutie, qui n’a jamais eu autant de moyens de s’exprimer et pour qui les mots deviennent vains. D’ailleurs chaque histoire s’achève par des gestes, des corps enlacés, touchés, touchés enfin. Touchés comme nous le sommes. Les mots n’ont plus aucun sens, les mots de ces langues différentes. Selon la Bible, Babel fut ainsi une célèbre tour construite par une humanité unie pour atteindre le paradis. Cette entreprise provoqua la colère de Dieu, qui pour les séparer, fit parler à chacun des hommes impliqués une langue différente, mettant ainsi fin au projet et répandant sur la Terre un peuple désorienté et incapable de communiquer.

C’est aussi un film de contrastes. Contrastes entre douleur et grâce, ou plutôt la grâce puis si subitement la douleur, puis la grâce à nouveau, parfois. Un coup de feu retentit et tout bascule. Le coup de feu du début ou celui en pleine liesse du mariage. Grâce si éphémère, si fragile, comme celle de l’innocence de ces enfants qu’ils soient japonais, américains, marocains, ou mexicains. Contrastes entre le rouge des vêtements de la femme mexicaine et les couleurs ocres du désert. Contrastes entres les lignes verticales de Tokyo et l’horizontalité du désert. Contrastes entre un jeu d’enfants et ses conséquences dramatiques. Contraste entre le corps dénudé et la ville habillée de lumière. Contraste entre le désert et la ville. Contrastes de la solitude dans le désert et de la foule de Tokyo. Contrastes de la foule et de la solitude dans la foule. Contrastes entre « toutes les télévisions [qui] en parlent » et ces cris qui s’évanouissent dans le désert. Contrastes d’un côté et de l’autre de la frontière. Contrastes d’un monde qui s’ouvre à la communication et se ferme à l’autre. Contrastes d’un monde surinformé mais incompréhensible, contrastes d’un monde qui voit sans regarder, qui interprète sans savoir ou comment, par le prisme du regard d’un monde apeuré, un jeu d’enfants devient l’acte terroriste de fondamentalistes ou comment ils estiment savoir de là-bas ce qu’ils ne comprennent pas ici.

Mais toutes ces dissociations et ces contrastes ne sont finalement là que pour mieux rapprocher. Contrastes de ces hommes qui parlent des langues différentes mais se comprennent d’un geste, d’une photo échangée (même si un billet méprisant, méprisable les séparera, à nouveau). Contrastes de ces êtres soudainement plongés dans la solitude qui leur permet finalement de se retrouver. Mais surtout, surtout, malgré les langues : la même violence, la même solitude, la même incommunicabilité, la même fébrilité, le même rouge et la même blancheur, la même magnificence et menace de la nuit au-dessus des villes, la même innocence meurtrie, le même sentiment d’oppression dans la foule et dans le désert.

Loin d’être une démonstration stylistique, malgré sa virtuosité scénaristique et de mise en scène Babel est donc un édifice magistral tout entier au service d’un propos qui parvient à nous transmettre l’émotion que ses personnages réapprennent. Notons que malgré la pluralité de lieux, de langues, d'acteurs (professionnels mais souvent aussi non professionnels), par le talent de son metteur en scène, Babel ne perd jamais sa cohérence qui surgit, flagrante, bouleversante, évidente, au dénouement.

La mise en scène est volontairement déstructurée pour refléter ce monde qu'il met en scène, un monde qui s'égare, et qui, au moindre geste , à la moindre seconde, au moindre soupçon, peut basculer dans la violence irraisonnée, un monde qui n'a jamais communiqué aussi vite et mal, un monde que l'on prend en pleine face, fascinés et horrifiés à la fois, un monde brillamment ausculté, décrit, par des cris et des silences aussi ; un monde qui nous aveugle, nous assourdit, un monde de différences si semblables, un monde d’après 11 septembre.

Babel est un film douloureux et clairvoyant, intense, empreint de la fébrilité du monde qu’il parcourt et dépeint de sa lumière blafarde puis rougeoyante puis nocturne. Un film magnifique et éprouvant dont la mise en scène vertigineuse nous emporte dans sa frénésie d’images, de sons, de violences, de jugements hâtifs, et nous laisse avec ses silences, dans le silence d’un monde si bruyant. Le silence après le bruit, malgré le bruit, le silence de l’harmonie retrouvée, l’harmonie éphémère car il suffirait qu’un coup de feu retentisse pour que tout bascule, à nouveau. La beauté et la douleur pareillement indicibles. Babel, tour de beauté et de douleur. Le silence avant les applaudissements, retentissants, mérités. Si le propre de l’Art c’est de refléter son époque et de l’éclairer, aussi sombre soit-elle, alors Babel est un chef d’œuvre. Une expérience dont on ne peut ressortir indemne ! Mais silencieux, forcément.

Sortie en salles: le 15 novembre 2006

Cet article a été repris sur Agoravox et sur Yahoo Actualités.

Sandra.M

2006-12-22

骆驼 飞鸟 鱼

1. 飞鸟与鱼
2. 觉 (遥寄林觉民)
3. 有.没有
4. 既然你问起
5. 女人与小孩Ⅰ
6. 话题
7. 哭泣的骆驼
8. 幸福
9. 懒洋洋
10. 四十个无亲无故的年头
11. 叹息瓶
12. 女人与小孩Ⅱ

“没有季节、没有颜色,也没有眼泪,只是叹息。很干净、干净。”这就是齐豫和她的《骆驼·飞鸟·鱼》

幸福

你说这次流浪不同以往 
它是一次身不由己的浪漫
是一次没有计划的背叛 
能不能不算

这种说法常常在听不算新鲜 
就算我也学会闭上一只眼
它仍然比我想象中要难以下咽 
我该怎么演?

有人唱相爱容易相处难 
有谁比我更懂其中甘苦谈
闭眼容易 闭嘴太难 一切为时已晚

有人把幸福当事业来经营 
有人为了自由婚姻叫停
到头来究竟是谁输谁赢 无人能评

其实幸福不只是王子与公主 
得要一种明谋暗算的天赋
加上哑巴吃黄连的技术 同甘共苦

就算你是童话里的王子与公主 
幸福一样需要灌溉呵护
自由是艺术 牵绊也需要一点魔术 
我愈说愈迷糊

婚姻是违反天性的制度 
让人忘却贪婪抵抗孤独
有人因此停住有人一生进进出出 
都需要祝福

放弃多少 才算贤淑 
保留多少 才算让步
迷人的是忠诚还是背叛 
幸福是自由还是牵绊

多少是有些讶异的,为词的精准和犀利

冬至—阳生

邯郸冬至

(唐)白居易

邯郸驿里逢冬至,
抱膝灯前影伴身。
想得家中夜深坐,
还应说着远行人。

2006-12-15

开映—旁白

音乐渐息
光线渐弱
一部人生悲喜剧
即将上演

声色世界
光影流转
欢笑
悲泣
隐忍
都化作一声叹息

然而 人生须得有
如同 幕起时
灵光乍现的瞬间
手指与灰尘
在黑暗中
轻盈起舞

最近在听久石让

01. Prologue:A Summer's Day
02. Resphoina
03. 3 W Nocturne
04. Lady of Spring
05. Epilogue:A Summer's Day
06. Dreamy Child
07. Green Requiem
08. The Twilight Shore
09. Innocent
10. Fantasia (for Nausica)

悠扬,大气,沉静,内敛

" COEURS" en Hiver

Le film choral est à la mode. Alain Resnais, cinéaste emblématique de la modernité, ne suit pas les modes mais les initie, encore. Malgré le temps, sa modernité n’a pas pris une ride et de ce point de vue du haut de ses 83 ans, mais surtout du haut de ses innombrables chefs d’œuvre (Hiroshima, mon amour, L’année dernière à Marienbad, Nuit et brouillard, On connaît la chanson, Smoking, no smoking, Je t’aime, je t’aime et tant d’autres), il reste le plus jeune des cinéastes.

Coeurs est l'adaptation de Private fears in public places, une pièce de théâtre de l'auteur anglais Alain Ayckbourn dont Alain Resnais avait déjà adapté en 1993 une autre de ses oeuvres, pour en faire Smoking, No smoking. Ce film, choral donc, croise les destins de six « cœurs en hiver » dans le quartier de la Grande Bibliothèque, quartier froid, moderne et impersonnel, sous la neige du début à la fin du film. La neige, glaciale, évidemment. La neige qui incite à se presser, à ne pas voir, à ne pas se rencontrer, à fuir l’extérieur. C’est donc à l’intérieur qu’il faut chercher la chaleur. Normalement. A l’intérieur qu’on devrait se croiser donc. Alors, oui, on se croise mais on ne se rencontre pas vraiment. C’est probablement d’On connaît la chanson que se rapproche le plus ce film, en particulier pour la solitude des personnages. Le dénouement est pourtant radicalement différent et avec les années qui séparent ces deux films la légèreté s’est un peu évaporée. Ainsi, dans On connaît la chanson les personnages chantent. Là, ils déchantent plutôt. Ils sont en quête surtout. En quête de désirs. De désir de vivre, surtout, aussi. Même dans un même lieu, même ensemble, ils sont constamment séparés : par un rideau de perle, par la neige, par une séparation au plafond, par une cloison en verre, par des couleurs contrastées, par des cœurs qui ne se comprennent plus et ne battent plus à l’unisson. Non, ces cœurs-là ne bondissent plus. Ils y aspirent pourtant. Le coeur se serre plus qu’il ne bondit. A cause des amours évanouis. Des parents disparus. Du temps passé. Ils sont enfermés dans leur nostalgie, leurs regrets même si la fantaisie et la poésie affleurent constamment sans jamais exploser vraiment. La fantaisie est finalement recouverte par la neige, par l’apparence de l’innocence. L’apparence seulement. Chaque personnage est auréolé de mystère.


Resnais a compris qu’on peut dire beaucoup plus dans les silences, dans l’implicite, dans l’étrange que dans un excès de paroles, l’explicite, le didactique. Que la normalité n’est qu’un masque et un vain mot. Comme toujours chez Resnais les dialogues sont très et agréablement écrits. La mise en scène est particulièrement soignée : transitions magnifiquement réussies, contrastes sublimes et saisissants des couleurs chaudes et froides, jeu sur les apparences (encore elles). Rien d’étonnant à ce qu’il ait obtenu le Lion d’Argent du meilleur réalisateur à Venise. De la mélancolie, Alain Resnais est passé à la tristesse. De l’amour il est passé à la tendresse. Celle d’un frère et d’une sœur qui, à la fin, se retrouvent, seuls, enlacés. Sur l’écran de télévision qu’ils regardent, s’inscrit alors le mot fin. Espérons qu’elle ne préfigure pas la croyance du réalisateur en celle du cinéma, peut-être sa disparition sur le petit écran du moins. Peut-être la fin des illusions du cinéaste. En suivant les cœurs de ces personnages désenchantés, Alain Resnais signe là un film particulièrement pessimiste, nostalgique, cruel parfois aussi. On en ressort tristes, nous aussi, tristes qu’il n’ait plus le cœur léger. Un film qui mérite néanmoins d’être vu. Pour ses acteurs magistraux et magistralement dirigés. Pour la voix vociférante de Claure Rich. Pour le vibrant monologue de Pierre Arditi. Pour le regard d’enfant pris en faute de Dussolier. Pour la grâce désenchantée d’Isabelle Carré. Pour la fantaisie sous-jacente de Sabine Azéma. Pour l’égarement de Lambert Wilson. Pour la voix chantante de Laura Morante soudainement aussi monotone que les appartements qu’elle visite. Pour et à cause de cette tristesse qui vous envahit insidieusement et ne vous quitte plus. Pour son esthétisme si singulier, si remarquablement soigné. Pour la sublime photographie d’Eric Gautier. Pour sa modernité, oui, encore et toujours. Parce que c’est une pierre de plus au magistral édifice qu’est l’œuvre d’Alain Resnais.

Sandra.M

不错的影评,avec passion, comme la citation de Saint Augustin sur son blog "Celui qui se perd dans sa passion est moins perdu que celui qui perd sa passion".


en savoir plus sur Sandra:

http://monfestivalducinema.hautetfort.com/
<>

2006-12-08

爱你就像是爱生命

浪漫骑士·行吟诗人·自由思想家——悼小波
李银河


曰本人爱把人生喻为樱花,盛开了,很短暂,然后就调谢了。小波的生命就像樱花,盛开了,很短暂,然后就磕然凋谢了。

三岛由纪夫在《天人五衰》中写过一个轮回的生命,每到18岁就死去,投胎到另一个生命里。这样,人就永远活在他最美好的曰子里。他不用等到牙齿掉了、头发白了,人变丑了,就悄然逝去。小波就是这样,在他精神之美的巅峰期与世长辞。

在我心目中,小波是一位浪漫骑士,一位行吟诗人,一位自由思想家。

小波这个人非常的浪漫。我认识他之初,他就爱自称为“愁容骑士”,这是堂吉诃德的别号。小波生性相当抑郁,抑郁既是他的性格,也是他的生存方式;而同时,他又非常非常的浪漫。

我是在1977年初与他相识的。在见到他这个人之前,先从朋友那里看到了他手写的小说。小说写在一个很大的本子上。那时他的文笔还很稚嫩,但是一种掩不住的才气已经跳动在字里行间。我当时一读之下,就有一种心弦被拨动的感觉,心想:这个人和我早晚会有点什么关系。我想这就是中国人所说的缘份吧。

我第一次和他单独见面是在《光明曰报》社,那时我大学刚毕业,在那儿当个小编辑。我们聊了没多久,他突然问:“你有朋友没有?”我当时正好没朋友,就如实相告。他单刀直入地问了一句:“你看我怎么样?”我当时的震惊和意外可想而知。他就是这么浪漫,率情率性。

后来我们就开始通信和交往。他把情书写在五线谱上,他的第一句活是这样写的:“作梦也想不到我会把信写在五线谱上吧。五线谱是偶然来的,你也是偶然来的。不过我给你的信值得写五线谱里呢。但愿我和你,是一支唱不完的歌。”我不相信世界上有任何一个女人能够抵挡如此的诗意,如此的纯情。被爱已经是一个女人最大的幸福,而这种幸福与得到一种浪漫的骑士之爱相比又逊色许多。

我们俩都不是什么美男美女,可是心灵和智力上有种难以言传的吸引力。我起初怀疑,一对不美的人的恋爱能是美的吗?后来的事实证明,两颗相爱的心在一起可以是美的。我们爱得那么深。他说过的一些话我总是忘不了。比如他说:“我和你就好像两个小孩子,围着一个神秘的果酱罐,一点一点地尝它,看看里面有多少甜。”这形像的天真无邪和纯真诗意令我感动不已。再如他有一次说:“我发现有的人是无价之宝。”他这个“无价之宝”让我感动极了。这不是一般的甜言蜜语。如果一个男人真的把你看作是无价之宝,你能不爱他吗?

我有时常常自问,我究竟有何德何能,上帝会给我小波这样一件美好的礼物呢?去年10月10曰我去英国,在机场临分别时,我们虽然不敢太放肆,在公众场合接吻,但他用劲搂了我肩膀一下作为道别,那种真情流露是世间任何事都不可比拟的。我万万没有想到,这一别竟是永别。他转身向外走时,我看着他高大的背影,在那儿默默流了一会儿泪,没想到这就是他给我留下的最后一个背影。

小波虽然不写诗,只写小说随笔,但是他喜欢把自己称为诗人,行吟诗人。其实他喜欢韵律,有学过诗的人说,他的小说你仔细看,好多地方有韵。我记忆中小波的小说中唯一写过的一行诗是在《三十而立》里:“走在寂静里,走在天上,而阴茎倒挂下来。”我认为写得很不错。这诗原来还有很多行,被他划掉了,只保留了发表的这一句。小波虽然写小说和随笔为主,但在我心中他是一位真正的诗人。他的身上充满诗意,他的生命就是一首诗。

恋爱时他告诉我,16岁他在云南,常常夜里爬起来,借着月光用蓝墨水笔在一面镜子上写呀写,写了涂,涂了写,直到整面镜子变成蓝色。从那时起,那个充满诗意的少年,云南山寨中皎洁的月光和那面涂成蓝色的镜子,就深深地印在了我的脑海中。

从我的鉴赏力看,小波的小说文学价值很高。他的《黄金时代》和《未来世界》两次获联合报文学大奖,他的唯一一部电影剧本《东宫·西宫》获阿根廷国际电影节最佳编剧奖,并成为1997年嘎纳国际电影节入围作品,使小波成为在国际电影节为中国拿到最佳编剧奖的第一人,如果诺贝尔文学奖将来有中国人能得,小波就是一个有这种潜力的人。我不认为这是溢美之辞。虽然也许其中有我特别偏爱的成分。

小波的文学眼光极高,他很少夸别人的东西。我听他夸过的人有马克·吐温和萧伯纳。这两位都以幽默睿智著称。他喜欢的作家还有法国的新小说派,杜拉斯·图尼埃尔,尤瑟纳尔,卡尔维诺和伯尔。他不喜欢托尔斯泰,大概觉得他的古典现实主义太乏味,尤其受不了他的宗教说教。小波是个完全彻底的异教徒,他喜欢所有有趣的、飞扬的东西,他的文学就是想超越平淡乏味的现实生活。他特别反对车尔尼雪夫斯基的“真即是美”的文学理论,并且持完全相反的看法。他认为真实的不可能是美的,只有创造出来的东西和想像力的世界才可能是美的。他有很多文论都精辟之至,平常聊天时说出来,我一听老要接一句:不行,我得把你这个文论记下来。可是由于懒惰从来没真记下来过,这将是我终身的遗憾。

小波的文字极有特色。就像帕瓦罗蒂一张嘴,不用报名,你就知道这是帕瓦罗蒂,胡里奥一唱你就知道是胡里奥一样,小波的文字也是这样,你一看就知道出自他的手笔。台湾李敖说过,他是中国白话文第一把手,不知道他看了王小波的文字还会不会这么说。真的,我就是这么想的。

有人说,在我们这样的社会中,只出理论家、权威理论的阐释者和意识形态专家,不出思想家,而在我看来,小波是一个例外,他是一位自由思想家。自由人文主义的立场贯穿在他的整个人格和思想之中。读过他文章的人可能会发现,他特别爱引证罗素,这就是所谓气味相投吧。他特别崇尚宽容、理性和人的良知,反对一切霸道的、不讲理的、教条主义的东西。我对他的思想老有一种意外惊喜的感觉。这就是因为我们长这么大,满耳听的不是些陈词滥调,就是些蠢话傻话,而小波的思路却总是那么清新。这是一个他最让人感到神秘的地方。我分析这和儿时他的家庭受过挫折有关。这一遭遇使他从很小就学着用自己的判断力来找寻真理,他就找到了自由人文主义,并终身保持着对自由和理性的信念。

小波在一篇小说里说:人就像一本书,你要挑一本好看的书来看。我觉得我生命中最大的收获和幸运就是,我挑了小波这本书来看。我从1977年认识他,至1997年与他永别,这20年间我看了一本最美好、最有趣、最好看的书。作为他的妻子,我曾经是世界上最幸福的人;失去了他,我现在是世界上最痛苦的人。小波,你太残酷了,你潇洒地走了,把无尽的痛苦留给我们这些活着的人。虽然后面的篇章再也看不到了,但是我还会反反复复地看这20年。这20年永远活在我心里。我相信,小波也会通过他留下的作品活在许多人的心里。

樱花虽然凋谢了,但它毕竟灿烂地盛开过。

我最最亲爱的小波,再见,我们来世再见。到那时我们就可以在一起一百年,一千年,一万年,再也不分开了。

1997年4月15曰于北京

爱中应该有一种诗意的存在……

2006-12-07

凭空


还是M的作品

2006-12-06

8又二分之一



8又二分之一
陈念真

异乡的旅店 失眠的清晨 远方悠悠响起火车的汽笛
沉寂的冬夜 晚醉乍醒之际 冷月下风铃声韵凄凄
微雨的城市 塞车的黄昏 风里断续传来熟悉的旋律
搬家的前夕 惆怅的情绪 还独翻阅着零散发黄的日记
拥挤的人群 陌生的少女 似曾相识的面容 拍醒青春的记忆
动人的电影 暗暗的角落 一个翻书的女人 眼里泪光闪烁
颓废的日子 午夜的街头 卡拉OK的男人 嘶哑地喊着他们的歌
忙碌的工作 失神的片刻  电话那头   往日的恋人生日快乐
那是九月的午后 

李寿全,一个在这个时代相对陌生的名字。曾经的他用文字和歌声宣扬人文思想,歌词渗透出的挫败与压抑,令人热血沸腾,其歌曲的感染力曾一次次让人顿然再思。
    
《8又二分之一》是李寿全一次看似慢不经心的玩票,但就在这不经意之间,它便成就了华语流行史上一张不折不扣的跨时代意义的经典专辑.李寿全与同时代的罗大佑,候德健等人在表达上具有共同之处,强烈的责任感与使命感促使他们的笔触深深地扎根于对整个社会人性的深层剖析上。

  《8又二分之一》选择的题材包括--现代社会人性的失落,青少年的信仰危机(从歌曲《占领西门町》可以清楚找到时代的影子),还有对未来世界的期许与失望《未来的未来》,以及展现对社会底层小众人士的深刻同情与关怀的《残缺的角落》。李寿全用Pink Floyd式的顿悟和敏感,将上述问题的思考导向内敛,自省的理性空间。他无疑非常清楚自己应该表达什么,更知道如何去表达的深刻。键盘与贝司营造出了一种迷幻激进的音乐氛围,吉他时常加入拨弄出心弦的SOLO,李寿全的歌声平缓而不动声色,给人心底的温暖,情感的表达与音乐有机地融合在了一起。作为一名出色的制作人,李寿全擅长在细节处出奇制胜,需要听者用心去体会。在《未来的未来》中萨克斯的运用,美而悠长。在《残缺的角落》里为残疾人作答的引发共鸣的口琴,深度而锐利的叙述让我们在人情的感动之余,更多了一份关于人文的思考。


  1981年,李寿全,苏来,许乃胜,菜琴等共同组建了“天水乐集”音乐工作室。
  这也是台湾历史上第一个专业自产录音室,开创了先河。
  1985年台湾光复40周年纪念日,为了纪念这个历史时刻,李寿全及罗大佑等人自发组织了六十余位海峡两岸的歌手,并创作出了《明天会更好》。
  1985年,李寿全的《未来的未来》首先是以电影《超级市民》原声带的名义推出的,整张专辑仅有两首歌和两首配乐。李寿全将这部由万仁导演的影片所传达的电影概念用音乐的形式加以融合,真实地传达出了都市生活中的种种困惑和无奈。
  1986年,李寿全推出了他首张真正意义上的个人创作专辑《8又二分之一》。《8又二分之一》这个名字源于意大利导演费里尼1963年的电影《8又二分之一》。在此张作品中,《我的志愿》《上班族一日》《残缺的角落》等作品均发挥出了流行音乐最为难能可贵的社会效应。推出《8又二分之一》后,李寿全消失了,他再也没有推出新专辑,有回到了他最为熟悉的幕后。但这张八十年代中期发行的唱片,却足以成为我们心中的经典,也是我们对那个过去时代最真切的记忆。


  “总是念着什么时候才会停止流浪,事实上人生就是流浪。被过去赶着逃,被未来牵着跑。”
  --------《8又二分之一》唱片文案

  《8又二分之一》---沉稳,内敛,兼具感性的知觉与理性的思维于一身。它像暗夜里一支温暖的火焰,静静地燃烧着我们的生命。

  李寿全用简洁的笔触勾勒出了一个现代大都市的方方面面,细致入微,所有的细节都具有很强的美感。音乐的速度仿佛电影里轻盈飘忽的慢镜头,充满了张力,音色重重地将你包围。

  李寿全的声音与文字在混合间有一种惊人的孤独蔓延着,他在歌声里冷静地挣扎,在旁观者的无视中游移,他在为自己为世界的一切痛苦取暖。

  这首歌连同这张唱片一样,都像是一部缓慢唯美的艺术电影。

  《张三的歌》
  “听来的辛酸故事好象特别熟悉,电影里小人物又好象是自己,唱片里的恋情都像是缠绵的过去。然而,别人的悲剧总是别人的悲剧。”
  ----------《张三的歌》文案

  我理解的李寿全是个低调本色而又杰出的音乐人,他运用他超卓的洞察力和对音乐对人性的敏锐触觉,为我们带来永远的感动。平凡塌实的生活之中孕育着最美好的一切。多少次重新回头,哼着张三的歌去飞翔去流浪,后来不禁发觉其实身边的一切才是最难能可贵的。那是真实的叫人鼻子发酸的内心呼唤。
  张三的歌,唱给我们每一个人的歌。

  《我的志愿》
  对传统规范的唾弃与怀疑,传达出一种强烈的社会正义感和历史责任感。当年幼的梦想被现实无情地打压着,当青春的希望被生活排挤着
无法实现。轻轻唱起这首立志之歌,在一起去怀念那单纯美好的日子。这是对未来美好的担忧和希望,这是我们充满幻想的持久的青春纪念。

  《未来的未来》
对都市生活浮华的迷惑,对物欲现实的抗争与反思,面对过去,也指向未来,李寿全对现代物质文明进行了冷静而深刻的批判。

张三的歌
作词:张子石 / 作曲:张子石

我要带你到处去飞翔 走遍世界各地去观赏 没有烦恼没有那悲伤 自由自在身心多开朗
忘掉痛苦忘掉那地方 我们一起启程去流浪 虽然没有华厦美衣裳 但是心里充满著希望
我们要飞到那遥远地方看一看 这世界并非那么凄凉
我们要飞到那遥远地方望一望 这世界还是一片的光亮

加州的彩虹
作词:张大春 / 李寿全 / 作曲:张子石

夏日里她的学校充满著骄傲 并不在乎这一些,她还要寻找
所有的人守候著她,飞扬的长发 所有的人谈论著她,流浪的神话
等不到秋叶变黄,她背上行囊 搭上东飞的西北,迎向加州的阳光
然後有她的消息,在无雨的冬季 她仍追逐著彩虹,和失踪的自己


看不见自己的时候
陈克华

总是早晨不太快乐的清醒
总是睡前需要一点点的酒精
呵,情绪万种
为何只剩下一种痛
忘了曾经拥有过的感动
忘了孤独的
划根火柴在你看不见自己的时候




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在梦里,自由给我的感觉,
就像一些从未发现过的神奇岛屿,
作为南部海洋的赠礼豁然展现……

扬眉女子

扬眉女子
──感觉黄碧云

艾晓明
 

那次和朋友逛香港上环的老街,在一家不起眼的旧书店,从四壁发黄的流行小说里,忽然发现黄碧云的散文集《扬眉女子》,如找到了宝贝似的拣出,花了十四块港币买下。回来后,先寄给北京一位写文章的朋友急用。那包书到如今有了两年多,尚不知还在何处浪游。

别的书都无所谓,就可惜这本《扬眉女子》。想象中,黄碧云就是一位散荡的、满世界周游的扬眉女子。从未见过她,但从她的书中知道她的情形。

黄碧云新出的第二本散文集《我们如此很好》(香港,青文书屋,1996年5月初版)全是她在世界各地走来走去的笔记。出入于东方和西方,南韩的金浦机场、巴黎奥里机场、雅典的奥林匹克机场、印度的德里机场、纽约的拿加地亚机场,北京机场……

所以无所谓生离死别,如果伤心,可能只因为寂寞。我要飞纽约。我的长兄要来送我,或许怕不能再见到我了。我还有一搭没一搭的说着话。快要进入入境柜台了,便忽然说,“就像要去死似的。”他已经双眼发红了。我心一难过,忽然便流下泪来,其实眼泪时常都白流,是因为不够聪慧通透。有什么好流泪的呢,连最不喜欢的人都会再碰面,更何况是有心相见的人呢。只怕相见时,人面全非,见总会再见的,除非死了。死了,已成定局,流泪就更白流了。只是当时不明白。(《我与机场的忘年恋》)

一段话,是独自上路的女子、过来人的体验。到过很多地方,黄碧云笔下的异地带着她的心性和想象的素质,深刻、琐碎而平常。人物、景物融在旅行的心境里:“我在想故事大纲,他们的啤酒、足球、大麻,我的写作,意义似乎都一样,是短暂的快乐。”(《说城.故事数则》)平常我们说:以心相见,其实写起字来不容易做到,因为太多的写作的程式,厚重地覆盖了文体。不过这对于黄碧云不是问题,她说的是心的触觉,像散漫地讲故事,又比写小说时的她温婉。一些联想、某些影象和书本、现世的经历和偶然遇见的什么叠杂,心里受到触动的片刻。“一个人内心的晦暗是难以言喻的,因此我与神父接近,但什么也不说,亦不动感情。”她给朋友的信,似真似幻,因为那收信人,分明是她小说中的人物的名字──又不止一个人物叫细细。她又翻写《布拉格之恋》。城市就是这样,你到布拉格,怎么能不想萨宾娜、特利莎。黄碧云的语言在香港作家里是少有的,朴素、简单:

“我在埃及,想起你来。”(《日焚.开罗月亮》)

“这个古老帝国的城市,依旧壮观华美,人在其中的沉闷,中古的乡村性格,黯晦困乏,并不见得明明可知。因此听得非常静,沉下去,沉下去,欧洲陆沉了,而我又婉转难言,一如日蚀,一如安东尼奥。”(《开放罗马城》)

耐读的句子,渐渐有哀愁浸出,如水,丰盛。黄碧云出过三个小说集《其后》(1991)、《温柔与暴烈》(1994)、《七种静默》(1997),都是香港天地图书公司版。可见她写得不多,在我看来,这是挺专业的态度。“天地”的编辑部主任颜纯钩是内行,可能第一眼就“惊艳”了。他的一段文字,犹如傅雷读张爱玲的《传奇》:

《其后》是黄碧云的第一部小说集。如此年轻,如此才情横溢,却又如此酸楚凄凉,这‘扬眉女子’也算是世纪末香港的独特产物了。在她的小说中,生命都是漂泊无依的,在外部世界纠缠,在内心世界煎熬,总是互相纠缠煎熬着,一起沉沦、失落、只有过去,没有将来。小小的欢喜,沉重无边的痛苦,生命便是以巨大的痛苦换取微不足道的喜悦。到最后连喜悦也不是所求的了,只剩下对于死亡的期待。在她的世界里,死亡并非人世巨创,而只是一种淡淡的忧伤,或者一个苍白委婉的手势,好象有个人漫步走进浓雾,渐渐就不见──他见不到别人,别人也见不到他。人天暌违,也不过像他在浓雾深处轻叹了一声,如此而已。

友情会过去,亲情也会,爱也是一点一点在消逝的东西,甚至恨也是。只有死亡,是最终要走上去的生命祭坛。其后,便什么也没有了。(见《其后》封底)

黄碧云以《温柔与暴烈》获1995年市政局“中文文学双年奖”小说组奖项。比较起来,《其后》的故事就显得轻和单纯。《温柔与暴烈》的风格如书名,强烈地对立,血腥和暴力的气息扑过来,生命中的好多悸动、痛楚堆结着。而这些,就是爱;虚无莫过于此吧。

读《其后》,有时要想到张爱玲,但《温柔与暴烈》就不了。黄碧云故事中的男女,在东南亚的丛林间挣扎、在加州或者巴黎流浪,她又写罪案和政治;这异国情调、人物故事的芜杂和她以心理感觉作为叙事线索的方式,都不似张爱玲。她写那些芜杂世事里人心的简约求索,如“温柔的生”,如一点点真爱。但在污浊和狂暴的现世,显得好笑。而人依然活下去,如此不堪,也苟且,也坦荡面对。站在泥泞、黑暗和罪恶的渊薮里,黄碧云善写这些芜杂的心理,绝望、无忧、温柔,相克相生。这个女子,六十年代初生于香港、长于太平盛世、留学于巴黎;干过六年新闻工作,其间曾多次踏足越南、泰北、孟加拉、老挝,在泰缅边境等地区采访和旅游。“长期接触这些战地边缘,也增加了反思暴力的机会。”她说:

“而到了最后,便可以带入,很宽阔的感觉,就如自己可以有很多不同的灵魂,在许多地方存活着。”(见黄念欣、董启章:《讲话文章──访问、阅读十位香港作家》,香港,三人出版,1996年8月,第39页)

《双世女子维洛列嘉》来自这个集子,是九个故事中最短的一篇,好象也是唯一没有暴力的一篇。一个法国人和一个越南女子的三段相遇,结构清晰。我欣赏作者那种单纯与辽阔的对照。惊却的维洛列嘉、革命敬礼的维洛列嘉、潇洒随意的维洛列嘉,三张照片,祭奠了一个革命时代的开始和终结。男人也活过了自己的三世,身份和政治都是变化的布景。黄碧云看人,那些背景甚无道理可言,所以她很少道德评判,生命意志,在她的笔下,惊心动魄,是为“美丽强壮的女子”。

《突然,我记起你的脸》,是她新出的小说集《七种静默》首篇。一句话,像一句谶语,奇异、神秘地重复;一直看下去,有很多物品形象,令人目眩。这些物品联系人物的故事,集中了强悍的爱情、死亡、残酷和衰老。我觉得黄碧云是凭感觉讲故事的,那种感觉,带有诗意的突兀和心理的幽冥,她可能着迷于这些东西,于破破烂烂的现世人生中,凭着感觉和物象的线索,她发掘出的故事绮丽和凄惨。这篇小说换了好几个叙事人,每句“我突然记起……”的话突兀地把叙事人弹出来,第一个是个中年单身汉,捷克人,在伦敦开了一家叫“波西米亚”的旧物店;第二个是曼谷红灯区的老板娘,久经风尘,管了一群舞女,酒吧也叫“波西米亚”;第三个是墨尔本的牧师。由他们来讲说出这句谶语的人:圣诞夜一跤跌死的典当老人、与杀人犯缔结爱的舞女,来教堂忏悔的盲人。

交织在里面的是所谓“奥加的金杖”、宝石发簪、“希望钻石”……一件件珠光宝器,在人世流转。可是,物犹可辨,唯人事变幻莫测。谁是奥加?阳光灿烂的女杀手?脸孔像地狱的太太?或者也包括看清了幻觉的店主?在这个作品里,通过流转的饰物,黄碧云找到激发想象的焦点,她也利用饰物隐含寓意的方式,在物品内重叠罗列遥远的时空,令情节花枝招展。这种想象是她旅行生活里具体经验的伸延,如她所说:“不同的地域最起码也帮我吸收了很多词汇,不是书本上学来的,而是源自生活的词汇:沙里、银扣、咖喱、丝绸、泥土、达卡城……是一种对意象的吸收,感染了处境和气氛。但这些都是很技巧的东西,……”

(《讲话文章》第38页)很技巧地传达人物的性格──刚烈又优柔的细细娘、了又未了的移民情怀、又或者是对尘世的如缕眷恋:“世上的华美,情欲的触感,让我们爱与痛,因为生命的短暂无由,我怎忍将你毁灭──那一定是魔鬼的诱惑。”很技巧地写着小说,像“含在喉咙里的一枚金戒指”,记得黄碧云在什么地方说过。
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在梦里,自由给我的感觉,
就像一些从未发现过的神奇岛屿,
作为南部海洋的赠礼豁然展现……

墙与门




有门的地方便有墙
有墙的地方便有门
……

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在梦里,自由给我的感觉,
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归去来兮

有人说喜欢飞机起飞时,在经历地面磨擦力的长时作用后那一跃进而起的瞬间,我离这样的感觉还不遥远,一切都还历历在目,还有平稳飞行后,云朵在机翼间穿梭那般的宁静……

这一次地重返巴黎,带了些熟稔的感觉,

17/08/2004

回来后的第一天,时间上还是有些倒错,会在夜里突然醒来,然而异常清醒,会在不合适宜的时间睡去,却沉沉的。那一天的巴黎时睛时雨,让我的心情也似这天气悠然升起却又飘然跌落――有一刻我忽似在巴黎萧瑟的秋,能感到孤独到近乎窒息固然无法张扬的心;又有一瞬巴黎静静地站在春天里,我也仿似想象中的自己,回来了,带着希望和点点雄心,还有一些温暖的爱。


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无心地寂寞

寂寞南京
  

文:吴继宏
  
南京象小户人家安稳的妻,相处久了才知道她的好。然而渐渐习惯以后,也不觉得有说出来的必要。


下雨天我们都喜欢去鸡鸣寺,拣一个见山见水的位子坐着慢慢喝茶。这儿地势很高,山下几棵樱花树颇有来头,每年春天樱花盛开,浅色的花瓣轻盈秀美无风自落,其绚烂飘逸,非笔墨可以形容。隔着鼓楼广场的北京西路,是两排高大的银杏,秋天一树金黄的小扇子,衬着湛蓝的天空,一路飞驰而去,心里满是明亮的温暖。


喝茶的地方叫豁蒙楼。推开木头雕花的窗格格,右边是九华山,左边可以看见台城和玄武湖,窗前的树叶子被雨水洗得碧绿。虽然素面和干丝难免令人有金玉败絮之想,坐在窗边的人还是美得不行。


雨停了,就可以去爬台城。城墙上杂草丛生,也算是这城市里人迹罕至的一个所在。青色的城砖天生有一种踏实稳重的质感,一步步走下去,烦恼全消。玄武湖的水面水气氤氲,天空也是同样的青灰色,间或一两只黑背白腹的水鸟一掠而过,你只觉得心中忽然一动,转瞬又消失于无形。我时常在这荒凉的地方消磨掉一个下午的时间。


一到冬天,我就满大街找馄饨挑子。一头是“噼里啪啦”烧着木柴的火炉,一头堆放些杂物,一张小矮桌,几根窄长的条凳,简直就是凄清长夜中不可抗拒的诱惑。舍得花本钱的摊主留得住常客――他的汤原比别人浓稠,是自家熬的骨头汤,碗底的葱花、开洋、榨菜,也比人家多出许多。辣油不能马虎,挑剔的客人只消一瞥就知道它是不是上等货色:总归是自家做的要比买来的好。


就气候而言,南京不是特别适合居住。冬季奇寒彻骨,阴冷潮湿,夏天日照当头,既闷且热。春季梧桐飞絮,是不是明星都得戴一副大墨镜,秋天倒是很好,可惜稍纵即逝。收入比上海差了一大截,消费可是一点也不比人家逊色,商家竞争只会个价格战,老百姓买东西就好个新街口。住在高层建筑的人,哪天若是忘了关窗,晚上回家一准发现家里变成了沙滩。可是南京终究是见过世面的城市,去海军指挥学院的宿舍区闲逛,竟然就顺带拜访了王安石的故居,骑着自行车一脸油汗的穿过洪武路去上班,突然想起来这里是小周后罗袜生尘之地。此类地段,在别的城市多数要挂一块匾,拉一根铅丝以示重要,南京却一任它在民间自生自灭。“众芳芜秽,美人迟暮”,不喜欢的人嫌它破败伤感,喜欢的人却很宝贝它这种凋零的美。这样喧嚣的年代,这样无心的寂寞,也算是难得了。




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作为南部海洋的赠礼豁然展现……

意大利之行——罗马(续)

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俯仰之间

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我在圣天使城堡

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古罗马斗兽场

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2006-11-28

破茧

朋友M的创作作品

2006-11-27

YVES KLEIN Corps/couleur/immatériel

《伊夫 克莱因 ——身体,色彩,非物质》




Yves Klein : « Globe terrestre bleu »1962


YVES KLEIN (1928-1962)

Monochrome bleu (IKB 3),1960 克莱因蓝三号
Pigment pur et résine synthétique sur toile marouflée sur bois
199 x 153 x 2,5

"Le bleu n'a pas de dimension, il est hors dimension, tandis que les autres couleurs, elles, en ont. Ce sont des espaces pré-psychologiques (…).

蓝色是一种没有维度的颜色,他超越了维度,但其他的色彩则有。这就是那些前心理学意义上的空间.

Toutes les couleurs amènent des associations d'idées concrètes (…) tandis que le bleu rappelle tout au plus la mer et le ciel, ce qu'il y a après tout de plus abstrait dans la nature tangible et visible".

所有的颜色都是一些具体观点的聚合体。蓝色却最多只让我们想起大海和天空,而在天海之间我们却能找到自然所提供给我们的弹性和可视空间内最为抽象的一切。

Comme en écho, le Manifeste de l’hôtel Chelsea (1961), reprend et éclaire cette citation : "L’artiste futur ne serait-il pas celui qui (…) exprimerait une immense peinture à laquelle manquerait toute notion de dimension", "Le passé psychologique (est) l’anti-espace, que j’ai abandonné derrière moi au cours des aventures vécues depuis quinze ans".

如同在Chelsea旅馆的示威中所不断重复的,他重拾并且澄清了这名引言:“未来的艺术家难道不正是那些在一维的绘画中表达所有缺失的的维度”,“心理学上的‘过去’这个概念是反空间的,这就是我如今放弃的,而在过去十五年间所从事的冒险”。

La mise au point chimique de cette nuance, le bleu breveté par l'artiste en 1960 sous le nom International Klein Blue, inaugure son "Epoca blu". Entre 1955 et 1962, Klein a réalisé quelque 194 monochromes, d’une variété de supports, de formats, de textures. IKB 3 fait partie d’une série, peinte entre 1960 et 1961, de quinze monochromes IKB dont la spécificité réside dans leurs dimensions, dimensions symboliques s’il en faut de 2m x 1.50m, "à peine plus hautes que la moyenne des spectateurs et d'une largeur inférieure à l'envergure des bras".Le bleu d'IKB 3 a pour autre particularité d’atteindre, par son degré de pulvérulence pigmentaire compact et sensible au moindre souffle, à des phosphorescences violacées qui matérialisent la "couleur de l'espace-même".

这个在1960年以艺术家命名的获得专利的“国际克莱因蓝”,以一种通过化学方式实施了这种区分,揭开了他“蓝色空间”的序幕。从1955到1962年,克莱因实现了一系列在不同材质上,应用不同材料,制作了不同大小的194副单色作品。克莱因蓝三号是这一系列作品中的一部分,创作于1961年至1962年之间。这十五副克莱因蓝单色的特色正在于他的体积,一种象征性的高两米宽一点五米的维度:正好越过一般观众的身高,又低于一个人双臂平展的宽度。克莱因蓝三号的特殊性还在于,通过对浓缩的,对最微弱的呼吸都十分敏感的粉末状颜料的运用程度,来达到物化这种空间自己的颜色一种磷光紫的效果。

"L’arbre", grande éponge bleue, 1962
Pigment pur et résine synthétique sur éponge et plâtre
150 x 90 x 42

A l'origine, les éponges sont pour Klein un moyen d'appliquer la couleur sur le support par imprégnation, évitant le tracé du pinceau. La découverte de "la beauté du bleu dans l'éponge", redoublant l'intensité du pigment, le conduit à l'utiliser comme "matière première". La forme anonyme du végétal s'impose comme l'équivalent du monochrome peinture.

最初,海绵只是克莱因用来渗透颜料而又避免了画笔痕迹的工具。这种对“海绵中蓝色的美”的发掘强化了色彩的密度,并且最终成为了“首选方式”。这种匿名的植物形式也被当作单色画的代名词。


Déjà au printemps 1958, Klein déclare : "Grâce aux éponges, matière sauvage vivante, j'allais pouvoir faire les portraits des lecteurs de mes monochromes qui, après avoir vu, après avoir voyagé dans le bleu de mes tableaux, en reviennent totalement imprégnés en sensibilité comme des éponges". Déclaration suivie par la réalisation de cinq sculptures intitulées Lecteur ou Veilleur. Mais celles-ci, considérées parfois comme une facile figuration, ne font qu'introduire à une recherche beaucoup plus ample, marquée par la production abondante de quelque 215 sculptures-éponges (1958-1962). Plutôt que "portraits", les éponges dressées, saturées de bleu IKB, semblent, en effet, poursuivre l'objectif d'autonomisation de la couleur, de sa "prise directe" dans l'espace réel.

早在1958年,克莱因就宣称:“多亏了这些海绵——这种原始生动的方式,我才得以描绘出我的单色画读解的真义,也就是,在我的蓝色和那些画中观赏,游览之后,完全回到浸润其中的感性,如同这些海绵”。

Dans L'Arbre, grande éponge bleue, la fine tige métallique, nécessaire à la lévitation artificielle, prend l'importance d'un "socle". Klein, en lui assignant le titre d'Arbre, veut une fois de plus précéder la tentation "sentimentale" d'une identification réaliste par le spectateur : "Le dessin, c'est de l'écriture dans un tableau. On dessine un arbre, mais ça reviendrait au même de peindre une couleur et d'écrire à côté : arbre".

Peinture feu sans titre (F 74), 1961
Papier brûlé sur bois
139,5 x 102,3

Cette Peinture feu fait partie d’une série initiée par Yves Klein au début de l’année 1961 et dans laquelle il cherche à imprimer les traces du feu sur divers supports.

C’est au Centre d’Essais de Gaz de France de la Plaine Saint-Denis, où on met à sa disposition un équipement industriel, qu’il apprend à maîtriser le feu et à effectuer des réglages précis pour en utiliser les différents degrés de puissance.

Dans ces peintures de feu, comme dans les Cosmogonies, empreintes de la pluie et du vent sur la toile qu’il réalise à partir de 1960, l’artiste convoque les éléments de la nature afin de manifester leur force créatrice. Mais le feu a un statut privilégié dans la philosophie de Klein, car, étant à l’origine de la civilisation, il veut en exprimer l’ambivalence : douceur de la chaleur et douleur de la brûlure, écho au lien qui se maintient en l’homme entre nature et culture.



(翻译练习,请勿转载)

2006-11-26

I Want To Go Home


I Want to Go Home (1989)
réalisateur: Alain Resnais

我要回家(1989)
导演:阿兰 雷乃

Dans ce film, injustement boudé par la critique, Resnais aborde l'univers de la bande dessinée et les différences de culture entre la France et les Etats-Unis.

在这部电影里,满溢着对不公正的批判,雷乃论及了动画世界,法国与美国之间的文化差异。

Joey Wellman, habitant de Cleveland, auteur d'un comic-strip un peu oublié, « Hep Cat », se rend en France où est organisée une exposition sur le thème de la bande dessinée. Enfin c'est son prétexte, parce que sa vraie motivation, c'est de retrouver sa fille Elsie étudiante depuis deux ans à Paris où elle fuit la culture américaine, qu'elle abhorre, et son père, qui en est un produit typique : Elle veut oublier "Sally Cat", qu'il avait créé pour elle et qui, depuis, lui sert d'ange gardien.Lena, la compagne de Joey, tente malgré tout de profiter de la destination romantique que constitue Paris. Elsie ne vient même pas chercher son père à l'aéroport - et ce n'est pas un oubli -, ne se rend même pas à l'exposition de bandes dessinées...Le père et la fille se retrouvent finalement, et parviennent, évidemment, à se fâcher. Joey propose à sa fille de venir passer le week-end à la maison de campagne d'un brillant intellectuel parisien rencontré le soir même. Elsie n'en n'a aucune envie, mais elle finit par s'apercevoir que le destin lui a joué un tour : l'intellectuel en question n'est autre que Christian Gauthier, spécialiste de Flaubert à qui Elsie tente en vain de faire lire sa thèse

En 1988, le producteur Marin Karmitz et Resnais se mettent d'accord pour réaliser un film dont le thème serait les rapports entre la France et les États-unis. Le titre premier, «faux-amis» aurait du explorer ce que les traductueurs appellent «faux-amis», des mots proches, de même racine linguistique mais ayant des sens différents voire opposés. Resnais, choisit de travailler avec Jules Feiffer, un auteur américain, célèbre pour ses pièces de théâtre (petits meurtres...) mais aussi pour un comic-Strip qu'il a écrit et dessiné pendant 49 ans. Mais il s conviennent que la bande dessinée ne sera pas le sujet principal du film, ce qui désiquilibre un peu le scénario. Le film est tourné en anglais.

1998年,制片人马海和雷乃达成共识要拍摄一部关于法国和美国关系的电影。他们首先为这部电影取名《假朋友》,电影将从被那些翻译家称为的“假朋友”的词出发,同时也剔出那些具有不同甚至相反含义的近义词,语言学上同源词等。雷乃选择了一位在戏剧界闻名的美国演员Jules Feiffer一起工作。Jules同时还是一位在四十九年期间坚持创作的一部连环画的作者。不过,马海和雷乃也共同认为连环画不是电影的主题,因为他将打破电影剧作原有的平衡。影片用英语拍摄。

Une particularité de ce film est l'insersion de Hep Cat et Sally Cat, les deux personnages du comic-strip de Joey Wellman, à divers moments du film : on voit Hep Cat dialoguer avec Joey et Sally Cat dialoguer avec Elsie.Il faut remarquer les effets presque chorégraphique, les personnages se cherchent, se trouvent, continuent des conversations avec d'autres que ceux avec qui ils les ont commencées.

这部电影的特色在于,在电影的不同时段插入了海普猫和莎丽猫,这两个乔伊连环画中有人物。比如:我们可以看到海普猫和乔伊的对话,莎丽猫和爱丽丝的对话。还应该注意到影片中近乎编舞的效果,动画人物和真人角色在相互找寻,相互发现,延续着真人角色之前和别人已经开始的对话。
Les spectateurs de l'époque ont été déroutés par cette forme légère et destructurée pour parler de sujets profonds: le décalage entre deux civilisations (France bavarde et cynique, Amérique simple et directe) , la vieillesse d'un homme (Joey) et l'urgence qu'il ressent à se réconcilier avec sa fille.

那个时代的观众被这种轻巧的方式误导和解构,为了谈论一些深层的话题:两种文明之间的差距,一个人的老去,和那种和女儿和解的感受的迫切。

2006-11-24

赤子

赤子
词:罗大佑

远远近近里 城市高高低低间 沿路断断折折那有终站
跌跌碰碰里 投进声声色色间 谁伴你看长夜变蓝
笑笑喊喊里 情绪仿仿佛佛间 谁愿永永远远变得短暂
冷冷暖暖里 情意亲亲疏疏间 人大了要长聚更难

一生人只一个 血脉跳得那样近
而相处如同陌生阔别却又觉得亲
一生能有几个 爱护你的也是人
正是为了深爱变遗憾

你我似醉了 无法清清楚楚讲 同属你你我我爱的感受
世界太冷了 谁会伸出一双手 围住你再营造暖流
说说笑笑里 曾觉得欢欢喜喜 谁料老了变了另有天地
世界太阔了 由你出生当天起 童稚已每年渐远离

2006-11-23

生活是一本小说

好久没去电影院了,不去,是因为近来对时间的一些特殊感受:我有大把的时间,却居然找不出一段我觉得合适的时间去看一场电影,是怕孤独?还是怕虚度?又或者两者兼有?

PARNASSE的MK2艺术院线,其实是很适合一个人去的。记得今年三月,我还在那里恶补了心爱的大师基斯洛夫斯基的几乎全部没看过的片子……想来真是酣畅。这一次却是真真正正撞上的,阿伦 雷乃的回顾展……

出来的时候,天黑了,雨也停了,湿湿的地上满是金黄的梧桐叶,心里却是说不出的既惆怅又满足的复杂心情。

La vie est un roman (1983)
Alain Resnais

生活是一本小说(1983)
阿兰 雷乃

Ce film se présente sous forme de trois récits imbriqués, dans la lignée des "films multiples" de Resnais qui abordent de façon ironique et ludique des thèmes profonds, comme la recherche du bonheur, l'éducation des enfants et le respect de leur imagination:

这部电影由三个层叠的故事组成,沿袭着雷乃一贯的“多元电影”风格,以一种反讽的,趣味的方式介入一些深奥的主题:比如,对幸福的寻求,儿童教育以及对儿童想象力的尊重。

En 1919, dans son château, le comte Forbek propose à ses invités une expérience qui doit les conduire à un état de bonheur permanent. Le prix à payer est un enfermement total, l'oubli du passé et une rééducation des sens, en sélectionnant tout ce qui est harmonieux. Mais l'amour-passion incarné par Fanny Ardant fait exploser ce modèle.

1919年,福尔贝克伯爵提议在他的城堡里为他的访客们提供一次特别的经历,这次经历将带领他们达到一种永久的幸福状态。而他们需要付出的只是,在一种全封闭状态中,忘掉过去, 接受新的感官教育,同时选出那些最为和谐的。但是,作为情爱化身的芬妮却使得这一切破灭。

En 1982, le même château est devenu un collège expérimental. Un colloque de chercheurs s’y réunit pour préciser les méthodes et moyens d’une éducation de l’imagination.

1982年,同样是这座城堡,成为了一所实验中学。一群学者聚集在这里举办一个关于提升儿童想象力的方法和手段的研讨会。

Resnais pointe les contradictions entre les discours et les actes de ces enseignants chercheurs, et s'amuse des marivaudages propres à tout colloque.Au même moment, trois enfants s’inventent un conte moyenâgeux, dans lequel un prince vaillant triomphe d’un tyran pour le bonheur de son peuple.

雷乃尖锐指出了这些教师学者语言和行动中的矛盾之处,取笑了在整个研讨会中的纯粹矫揉造作之风。同进,在三个孩子构想出的中世纪童话中,一个骁勇善战的王子,为了他的子民的幸福,征服了暴君。

Le scénariste Jean Gruault résume ainsi le film: «Le rêve de Forbek, c’est le récit noble, hugolien ; le colloque, c’est la représentation du quotidien ; et les temps légendaires, c’est la féerie.»Par ailleurs ce film comporte des choeurs et des parties chantées, tendres et ironiques, qui créent un décalage. Peu aimée du public de l'époque, cette forme annonce pourtant " On connaît la chanson" qui lui, sera largement apprécié.

片子的编剧这样概括这种影片:“福尔贝克的梦想,是贵族们的想象,雨果式的;研讨会则是日常生活的再现;传说时代,则是一种梦幻仙境”。另外,影片中含有很多合声和演唱部分,温柔而讽刺,制造了一种间离效果。然而就是这种在当时并不受欢迎的形式,却在后来《人人都会唱这支歌》这部电影里受到了广泛的赏识。

(翻译练习,欢迎指正,请勿转载)

2006-11-18

面向世界的房子


读完了厚厚的《加缪传》,我抑制不住心头的激动,是那种为一个深沉高贵的灵魂所激荡起的无可言说的热烈……


首先,贫穷对我来说从不是一种痛苦……为纠正自然产生麻木不仁,我把自己置于贫穷与阳光之间。贫穷使我看不到在阳光底下,在历史的长河中一切都是美好的,阳光使我知道历史并非一切。我们需要更敏锐的大师,需要一个如同出生在另一岸的人,他应该热爱阳光,热爱健美的躯体,用一种无法模仿的语言告诉我们,这一切的外表是美丽的,但它们是要消亡的,因而必然非常珍惜。 ——《岛屿》前言

人们对落在我们身上的许多疾病和意外感到惊讶。这是因为人们厌倦了日常生活,只在疾病中找到了可怜的躲藏之地以拯救他仅存在灵魂。疾病对一个穷人来说,等同于一次旅行,住院相当于过宫殿的生活。

牵着女孩的小手,让她坐在我的身边。坐下后,她静静地看着我。随着她的眼神,我们将慢慢驶入陌生的大海。
——放在熟睡妻子(西蒙娜·伊爱)边的纸条

我们作为社会中一普通人,我们惟一的兴趣就是能对生活作证。人们在一起说话,然后离去,这就是人们所说的纯朴,就像蒂巴萨旅馆老板说的,人可以死去,但不能不让人谈论。与世界不分离。把生命置于阳光之中,一生中就不会一事无成。不管处在何种境地,遇到何种不幸与失望,我的所有努力便是重新去寻找接触。在我亲身体验到的这种悲哀之中,爱,是难以表达的意愿;即使看到的仅仅是夜幕中的一座丘陵,那又是何等陶醉的感觉。 ——《手记之一》

面对世界的房子,他们彼此说道,不是一座让人在那里消遣的房子,而是一座使人在那里感到幸福的房子。
——《幸福的死亡》
有价值或无价值。创造或无创造。在第一种情况中,一切都有正当的理由。毫无例外,以第二种情况中,是彻底的荒谬。剩下的便是选择最美的自杀方式:婚姻,四十小时工作制或手枪。为了不失去全部生活而付出生活的一部分,这是正常的。每天六至八小时的工作是为不被饿死。然而,对为求发展的人来说一切都是发展的机遇。 ——《手记》

"戏剧是一门让活着的人去解释它的寓意的有血有肉的艺术,是一门既粗犷,又微妙的艺术,是动作,声音和灯光之间的美妙协调。但它也是最传统的艺术,完全在于演员和观众的配合,在于他们对同一幻觉的一种相互的,心照不宣的默认。"
"真正的艺术品是少言寡语的" ——《手记》

方济各会神甫:堂璜,难道你什么也不相信吗?堂璜:不,我的神甫,我相信三样东西。方济各会神甫:我可以知道是哪三样吗?堂璜:勇气、智慧和女人。 ——《西西弗斯神话》

他的青春与独立将他与我们贴近在一起:我们没有任何流派联系,各自为政地连结在一起;我们没有家庭,也没有所谓的背景……他快活地迎战成就、名誉,并不加掩饰……他身在偶尔也会流露出一点拉斯蒂涅克的为人,但似乎并不怎么在意。他为人简单,情绪开朗。他的好性情使他不拘小节开些小玩笑:勒弗洛咖啡馆的名叫帕斯卡尔的伙计被他喊作笛卡尔;不过他可以这样做;因为一种漫不经心与热情洋溢的美妙结合所产生的魅力保证了他不会流于粗俗。
——西蒙娜 · 德 · 波伏娃《回忆录》

"我花了十年工夫来征服我眼中的无价之物:一颗苦涩之心。"——加缪日记

"人们不可能介入所有方面。至少可以选择某一个能够介入的方面去生活。生活得体面荣耀,仅此而已。在某些情况下,这会导致远离人群,即使(尤其)对有一颗热爱人群的人也是如些"——加缪

一个基督徒可能以为人的正义总被神的正义所取代,并因此认为容忍为上。可还是让莫亚克先生思考一下人类所处的冲突吧,在这种冲突当中,人并不知晓神的惩罚,但却保留着人的趣味及其宏伟的愿望。他们不是得永远地沉默就是得皈依人类的正义。这当然不是一件轻松的事情。可是,在经历了二十五年的平庸又面临了四年的共同痛苦之后,再也不可能犹豫了。我们的选择是,连同其令人骇异的缺点承担起人类的正义来,我们操心的只是令人绝望地保持着诚实并以此来纠正其缺点。——1944年10月25日〈战斗报〉

1944年9月24日。写信小说。
"爱情,眼泪和亲吻之夜。被哭泣、汗水、爱情浸透了的床。到达痛苦的顶点。"小说。一个美人。因而得原谅一切。那些爱所有女人的人也是那些走向抽象之路的人。不管这个世界表现为怎样,他们超越了这个世界。因为他们绕过了个别、绕过独特的情况。那逃离一切思想和一切抽象的人、真正绝望的人是只有一个女人的人。以固执地守着这一张独特而不能满足一切的脸。12月。这颗充满泪水和黑暗的心。

30岁时(他快32岁了),一个男人应该掌握自己的命运,了解自己的品质和缺点,明白自己的权限,并预见到自己的衰退——他就是他了,甚至要学会逆来顺受……保持本质,但应善于掩饰。我已经饱经沧桑,惟一尚存的是每时每刻的顽强努力。对一切都看得非常淡泊,不要悲伤,不要再否定任何事物,一切都会真相大白。要傲视痛苦。——《日记》
人有时也需要侨居他乡。 ——〈纽约的雨〉

某些夜晚,你也很想了解她的生活。在那些罕见的片刻,地域差别完全消失,孤独成为有些凌乱的真理。
——〈博韦里荒唐事〉

……性感的嘴唇常带着几分微笑,那是一种亲切又嘲讽的微笑,也许还不乏俏皮。他脸上哪个部位最能体现他坚毅的性格呢?大概就是那紧闭的嘴唇。这种坚毅是刚中有柔,而且更被他对正义的执着追求而柔化。加缪的魅力是巨大的,不但有密度,而且非常自然,不带任何矫揉造作…… ——玛丽亚范丽赛尔贝格《私人画廊》

我一生中最大的幸运就是,我所遇到,喜欢(和使他们失望)的都是一些不寻常的人。我在别人身上看到了美德、尊严、朴实和崇高,令人羡慕而又忧伤。
我爱夜晚和天空,胜过人类的上帝

面对着公众对自己立场及与存在主义的关系的误解,加缪的回应清醒而友好——

如此轻率地对待存在主义这样严肃的哲学研究,是一种严重的错误。存在主义的渊源可追溯到奥古斯丁,而它对认识论的主要贡献无疑是在其方法上的多样性。存在主义首先是一种方法。人们在萨特著作和本人作品之间普遍发现的相似之处,自然是因为我们有幸或不幸地生活在同一时代,而且面临共同的问题和忧虑。 ——《七星文集》

我一生的惟一追求,绝对是过一个平常人的生活,其余都是天赐予我。我不愿做一个经历坎坷的人。执着追求毫无结果,随着时间的推移,事业上非但没能日臻成功,却发现自己离毁来越来越近 ——日记1950年5月27日

孤独。爱情之火燃遍整个世界。值得为此承受出生和成长的痛苦。但接下来还应该活下去吗?人的一生找到了存在的理由。可是人的来世呢? ——《手记》

爱情的疯狂之处,以于人们总奢望加快节奏,摒弃等待。期盼快些接近结局。从这一点上看,爱情和死亡是相一致的。那些相爱而分离的人将生活在痛苦之中,但并不绝望;因为他们知道爱情存在着。 ——《最近的海》

我在海上长大,贫穷对我是一种财富,后来我失去了大海,于是一切奢华在我看来都黯然失色,都是难以容忍的凄惨。从此,我等待,我等待着返航的船,海上的家,明朗的日子…… ——《最近的海》

在另一种情绪的影响下,加缪在一张后来标明1951年3月~1953年12月的纸上记下了自己所有心爱的字眼:世界 痛苦 大地 母亲 人类 沙漠 荣誉 苦难 夏日 大海……无论如何,在这个精心设计的镜子游戏中,有一点是千真万确的:痛苦,以及它预示的一切。——加缪对《堕落》的介绍

问题仅仅在于知道生活会变成什么,或者至少了解生活的可爱之处。这就足以让我们痛苦。他是一个独立于党派之外的"孤独者"。二十年来,他始终不失时机,在每个重大问题上表明自己立场;抚今追昔,他信为自由是一切目标中最实在,最崇高的目标。……论及宗教问题时,他申明自己无意皈依宗教。由于他自己的缘故,人们一直把他与唯物主义无神论相提并论。但是他承认人具有神秘的一面。他著作中褒扬耶稣,尊重,崇拜耶稣的说教,但是他不相信耶稣复活。他担心在某些所谓的左派团体中,承认自己不懂,承认自己对人认识有限,对神表示某种尊敬,会被视为性格软弱。在这种情况下,他愿意为这种软弱承担责任。共产党哲学家斥加缪为反革命,反革命称他为共产党,无神论者认为他是基督徒,而基督徒为他的无神论观点而惋惜。而他将一如既往,走自己的路 ——传记评论

在我们两个兄弟互相无情厮杀的时候,挑唆任何一方,都是罪孽。在理智的沉默和疯狂的呐喊之间,我选择保持高尚的缄默。是的,当言语能够无所顾忌地主宰他人生杀予夺的时候,保持沉默不是一种消极的态度。艺术家有必要保持必要的含蓄和秘密……
……戏剧给了我必须的沟通交流……
"在他最后的短暂一天,他加热,发光,笔直地冲向死亡。他随风播撒,被风摧毁,像转瞬即逝的种子然而又是造物的太阳,这就是人,面对漫漫无穷的世纪,自豪地度过片刻时光"——致勒内夏尔

"当然,希望是在飞速奔跑中,被一颗突如其来的子弹,击倒在街口" ——《局外人》

通往巅峰的奋进足以充实人类的心灵 ——维尔布勒万市加缪头像浮雕碑文

"一个疯狂的留给他的时间,被他用来热爱生活,他以自己的方式去爱朴素的生活活 ——给里夏尔马盖的序言

"加缪暂时保持沉默,他内心的矛盾应该得到尊重。他属于那种为数不多的沉思熟虑后才作决定,并且忠于自己抉择的人;他的选择表明他随着时代一起进步。他在本世纪,顶住历史潮流,独自继承着源远流长的警世文学,警世作品也许堪称法国文学的最大特色。他怀着顽强,严格,纯洁,肃穆,热情的人道主义精神,向当今时代的种种粗俗丑陋发起胜负未卜的宣战。但是反过来,他以自己始终如一的拒绝,在我们的时代,再次重申反对摒弃道德的马基本雅维利主义,反对趋炎附势的现实主义,证实道德的存在。" ——萨特《法兰西观察家》1961/1/7

1961年4月,在阿尔及利亚,加缪的生前好友聚集蒂巴萨,出席加缪纪念碑的的揭幕仪式。这是一块齐人高的腓尼基时代的古墓碑,是在蒂巴萨的废墟中找到的,送到阿尔及利亚请路易·贝尼斯雕刻铭文。后来,加缪名字遭到损毁,不过还是依稀可辩:

在这儿我领悟了
人们所说的光荣
就是无拘无束地爱的权利
阿尔贝·加缪

《加缪传》[美]埃贝尔·R ·洛特曼 肖云上等译 漓江出版社1999年版






Unfinished Music



The concept of these sculptures by John Lennon and Yoko Ono is expressed by their statement 'this is what happens when two clouds meet'. It is both symbolic and humorous at the same time. The thoughts behind it are beautiful and its true fulfilement through the cycle of growth is an end itself—the best idea that can ever be conceived as a work of art. Mother nature is supreme, overriding man’s artificial constructions.

The seeds, although they cannot be seen at this stage, are acorns and slowly the oak trees will develop. It covers all fields for them---- it’s a game, a joke, but at the same time serious, in the idiom of their music, their writing or even. These ideas place them on a higher level than other sculptures in the exhibition so they need to be looked at through new eyes. Cry, laugh, or walk into the sky. There will never be another like them.
ANTHONY FAWCETT
Organising Committee, London
John Lennon Unfinished music
exposition temporaire du 20 octobre 2005 au 25 juin 2006
Cite de la Musique de Paris

2006-11-17

理想两性关系

多少是有些感慨的,这是五年前曾经充满力量与自信关注过的问题……
(转自自已原在西祠胡同的家)
龙应台答中山大学学生问
“您的作品中对女性的关注占了相当的比重。我们也知道,一个优秀的作家所汲取的精神来源一定是多重的,简单的影响论并不足以说明问题。但我们不得不问,您对于女性主义作家如法国的波伏娃如何看,同时,您如何看中国女性在文化地位上受压抑的现象?”  
龙应台:“谢谢你问这个问题。我关心女性,不是因为女性主义是这个世纪流行的显学,不是表示我摩登。我关心女性,是跟我关心弱势群体的一贯立场相一致的--我关心权力被剥夺的少数人,我关心受不到正常照顾的儿童,也关心不受社会注意的残障人--我不可能不关心女性。因为,不管是台湾、大陆还是西方,女性在文化、政治、自主权上,都还是弱势群体。中央电视台有一次访问我,问我是不是一个女性主义者。我回答说,我当然是而且不得不是。因为,如果说,我关心社会上一切我所能看到的不公平现象,我怎么可能不关心女性?对于法国的波伏娃,我觉得她的《第二性》,是我们所有的人--包括今天在座的男同学女同学--不可以不读的一本书。一个女性的解放,表现在她不是一个人格依附于男性的个体。女性的解放还相对需要男性的解放,不然,两性的关系将会是纠缠痛苦的。女性如果是独立自主的、有自己的头脑和思想、有自己的能力--而且,有自己的爱的能力的话,这对男性将会是一个最大的幸福。因为他不是必须承当所有的家国大任的、单独的、寂寞的、孤独的性别。”

2006-11-14

Chambre avec Vue



Chambre avec vue 看得见风景的房间
par Henri Salvador

C'est un ailleurs 这是另一个去处
C'est une chambre avec vue 一个看得风景的房间
C'est un ailleurs 这是另一个去处
Un lieu où j'ai vécu 我曾经生活过的地方

我所记得的是

Quelques bonheurs有一些炽情幸福
Passés inaperçus 也有一些温柔时分
Quelques douceurs 悄然掠过
Avec une inconnue 和一个陌生的女孩
Que j'ai connu...

C'est le grand air 这里让人心旷神怡
C'est une chambre avec vue 这是一个看得见风景的房间
C'est le grand air 这里让人心胸开阔
Juste au coin de la rue 就在街角
Une vie entière 生命的全部
De la fin au début 从死到生
Douce et amère 温柔的,苦涩的
L'ai-je vraiment vécue 我所真正经历的
Je ne sais plus 我所不能知道的
Je ne sais plus... 我所不能知道的……



2006-10-06

怀念求爱者

怀念求爱者

这是一异类的求爱者,一个遭拒的伤者,一个隐退的勇者,一个让姚丹怀念终身的爱人……

是呵,在这冰冷的世间,人心之间的隔膜有多厚呢?它是厚若铜墙吧!它又薄如蝉翼吧!

一边是面对面数十天,却行同陌路的同事,
一边是第一次见面就遽然发问:我们在什么时候才能相爱呢”的陌生人……

“户口薄,房产证,毕业文凭,存折……诗集”就是一个人的全部了,
没错呢,浓缩了一个人的全部,何其世故又何其真实!
他的不合时宜的热情映衬着世俗之人的戒备心理的无聊,
他的和这个时代不相称的执著与天真足以让人视若珍宝
  
“他因为想见我而离开我,而我却因为他的离开而想见他”
信不信,有些爱情,被爱者消失后才开始!
                 
(中篇小说《求爱者》张旻 《花城》1999 VOL、1)



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在梦里,自由给我的感觉,
就像一些从未发现过的神奇岛屿,
作为南部海洋的赠礼豁然展现……

2006-08-14

意大利之行——威尼斯穆拉诺小岛

从威尼斯主岛出发,

在亚得里亚海上航行约四十五分钟,

就会抵达这个让你眼前一亮,

生长着无数彩色房子的小岛.

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船一抵达岸边,满船的游客瞬间作鸟兽散

岛很小,不用地图,就这样信步游走,也不用担心迷路

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……

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……

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然后,你转身,溜进一条小巷

让这样崭新的蓝

不容分说地侵袭着你的眼

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破旧的美

也会让你偶尔惊讶于一种天然的配色天赋

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……

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留 白

五彩缤纷中,白色慢慢浮现……

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隔着铁栅栏和蜘蛛网

这尊雕像的姿态使

这个看似荒芜的小院

蓬壁生辉

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旅行的意义,也许就在于

永远会有未知的与让人惊异的

就象这偶尔的一瞥

……

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秘密花园的深处

……

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你斑驳的脸

就像我寂寞的眼

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浑然

天成

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明明是一条破旧待补的船

却不经意成就了一种美

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傍晚将临的时候

人们在码头翘首盼望着回程的船

个个满载着充满彩色房子的回忆

难忘

不远处一群岛上的居民

无声无息的凝视远方

这一幕竟让我蓦地惭愧起来

我们是多么地无礼呵

就这样的闯入

进行着一次又一次地集体窥视

其实,你眼里的美

是他们实实在在的生活

他们有他们的诗意

……

2006-08-12

意大利之行——威尼斯主岛 

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叹息桥

我站在威尼斯的叹息桥上,

  一边是宫殿,一边是牢房。

  举目看时,许多建筑物忽地从河里升起,

  仿佛魔术师挥动魔棍后出现的奇迹。

  千年的岁月用阴暗的翅膀将我围抱,

  垂死的荣誉还在向着久远的过去微笑,

  记得当年多少个藩邦远远地仰望,

  插翅雄狮之国的许多大理石的高房:

  威尼斯庄严地坐镇在一百个岛上!

——拜伦《恰尔德·哈洛尔德游记》第四章

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“刚朵拉”是一种摇橹的小船,威尼斯所特有,它哪儿都去

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如此豪华的刚朵拉却不是人人都有运气可以坐到的

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头戴扎着红绫的平底草帽的船夫们

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在这儿还可看见清清楚楚的春天的背影。

海水那么绿,那么酽,会带你到梦中去。

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镜中的亚德里亚海

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红与黑

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这个面具店的色调和表情让我为之悚然一动……

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可以感觉到节奏和韵律的圣马可广场

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威尼斯历史最悠久的咖啡店 Florain, depuis 1720

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钟情于器物之美的威尼斯人家的一扇门

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从丽都岛远眺威尼斯

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桥墩的粗拙映衬着刚朵拉的纤巧

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威尼斯,这个仿似天堂的城市……

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从我住的威尼斯青年旅馆的窗口看日出,

这么近,这么静……

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  晨钟响起了

所有的河道

  都闪着颤巍巍、暗淡的微光,

  永恒之城的轮廓脱去了

  像梦幻一样的黑夜的衣裳

——斯蒂芬·茨威格